L’ajout de la science actuarielle à la sélection des risques en assurance remonte à la fin du XVIIe siècle. Elle impliquait la création de tableaux vie, l’application d’un intérêt composé ainsi que le calcul de la valeur actuelle de l’obligation future, le fondement même des primes d’assurance vie telles que nous les connaissons aujourd’hui.
Qu’est-ce que tout cela a à voir avec le genre? Auparavant, pas grand-chose. Les actuaires étaient très occupés à passer en revue les registres de naissance et de décès pour calculer les primes sur la base du facteur de risque qui reste à ce jour le plus important, à savoir l’âge de la personne à assurer. À l’époque, aucune distinction n’était faite entre les femmes et les hommes et, par conséquent, la tarification unisexe était la norme.
Cependant, vers 1880, le taux de mortalité des hommes a commencé à augmenter, ce qui a amené les courtiers en assurance à tenir compte de ces différences dans la tarification de l’assurance vie.
Au Canada, les femmes vivent en moyenne 4 ans de plus que les hommes. Les hommes ne devraient-ils donc pas payer davantage pour leur assurance vie? Par exemple, depuis 2012, l’Union européenne interdit la tarification basée sur le genre pour les assurances vie, maladie et même automobile. En termes d’équité, la question suivante se pose : un groupe à risque plus faible, en l’occurrence les femmes, doit-il compenser financièrement pour un groupe à risque plus élevé, les assurés masculins?
En 2019, l’Association canadienne des compagnies d’assurances de personnes (ACCAP) a publié un énoncé de position sur le « transgenre et le genre X », indiquant notamment qu’elle « croit que chacun a le droit de définir le genre auquel il s’identifie le plus » et que l’industrie « reconnaît qu’elle doit s’adapter à l’environnement changeant pour s’assurer que toute personne qui demande une assurance sera évaluée équitablement.
Aujourd’hui, les discussions sur le genre dépassent largement la division traditionnelle hommes-femmes. Nous ne sommes plus dans un monde binaire et nul doute que les assureurs devront évoluer dans cette direction.
Source : L’interconnexion